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 La route de l'oubli

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MessageSujet: La route de l'oubli   Jeu 18 Juil - 2:17

La route de l’oubli

J’étais seul, perdu, abandonné là, comme un rebut dont on ne veut plus ou une vieille chaussette usée. Je me sentais comme incomplet, tels une salière sans poivrière, un ourson sans mousse, un requin sans dentition. J’observais encore les phares de la voiture s’éloigner, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il m’avait abandonné là. Qu’allais-je devenir sans lui? Puis soudain, tout devint sombre autour de moi, tellement noir que je n’arrivais même pas à distinguer le bout de mon nez. Sur cette route où tant d’autres avant moi perdirent les êtres qui leur tenaient le plus à cœur, je semblais désormais seul au monde. J’essayais de me lever, mais une trop grande douleur envahissait mon corps, que m’avait-il fait? Voulait-il me voir mourir? Non! Il avait été trop lâche pour ça, c’est ce pour quoi il était parti! Gémissant de douleur, je me retournais d’un sens, puis de l’autre, tentant d’évaluer de quel bord je serais le plus solide pour me remettre sur pied. Haletant et pantelant, je choisis la gauche, ce qui n’était pourtant point mon côté favori. J’usais de toutes mes forces, malgré mon corps chancelant, pour finir par me remettre sur pieds. Un regard autour de moi me fit observer les ombres des arbres en bordure du chemin qui semblaient s’étirer pour tenter de me saisir au passage, j’étais mort de peur. J’avais l’impression que je les voyais qui s’échappaient du sol rampant tels des serpents sur un sentier tout tracé directement vers ma personne. Mon pauvre cœur se débattait telle une furie à l’intérieur de ma poitrine, amplifiant par la même occasion le rythme de ma respiration. Tremblant de partout, je fis un pas, puis deux et ainsi de suite. Je ne connaissais point ma destination, mais il fallait absolument que je m’éloigne de cette route qui sentait la mort à plein nez. La mort… seul ce mot me pousse à me battre, je ne veux pas mourir, j’ai tant de choses à vivre encore, je suis si jeune, si désemparé. Non, je voulais mourir heureux, mais seulement lui pouvait me donner ce bonheur que je cherchais désormais. Malgré sa trahison, je savais que, pour ma part, je lui resterais à jamais fidèle, j’étais ainsi, j’éprouvais pour cet homme un amour inconditionnel.



Je n’arrivais plus à me tenir sur mes pieds, la solitude et la noirceur de la nuit avaient laissé place au jour. Avais-je réellement marché tout ce temps? Je ne sais pas, je ne sais plus… Mes idées n’étaient pas ce qu’il y avait de plus clair. J’avais déjà vu mieux dans de mauvais feuilletons télévisés. Soudain, je me sentis encore plus faible : ‘’comme si c’est possible’’, pensais-je ironiquement. Je me mis à trembler d’un seul coup, je sentais mes jambes faiblir sous mon poids, je n’avais pas l’habitude de si longues promenades. Avant même que je ne comprenne ce qui arrivait, je me retrouvais à nouveau face contre terre. C’est ma chute ainsi que mon hurlement que j’échappais à ce moment-là qui firent se soulever toute la poussière de cette route de campagne, abandonnée de tous. Pendant un instant, je n’y voyais plus rien, comme si la nuit venait de vaincre le soleil et en reprendre la place. Un grain de sable à la fois se reposait sur le sol quand j’entendis quelque chose, ou plutôt quelqu’un, au loin sur ce chemin oublier depuis plusieurs générations.

-NON PAPA NON! JE T’EN P’IS FAIT PAS ÇA!



-Tu n’es pas mon fils! Tu ne l’as jamais été! T’es son fils à elle, pas le mien! RENTRE-TOI ÇA DANS LE CRÂNE MORVEUX!

Puis, je perçu des pleurs et un grand ‘’boum’’, une voiture qui démarre en trombe et puis rien, alors le silence se fut, un silence inquiétant... Pris de panique et sous l’effet de l’adrénaline, je me trainais tant bien que mal vers ce lieu où j’avais entendu tout cela. C’était un peu plus loin sur le chemin, je devais tout bonnement faire demi-tour. Revenir sur mes pas ne m’enchantait guère, mais je devais aider cet enfant que j’avais jugé avoir moins de 10 ans par le son de sa voix… Et puis je ne parlais pas le même dialecte qu’eux alors j’ignorai totalement ce qui s’y était dit, mais par les tons de leurs voix à tous les deux, je m’en faisais une bonne idée.



Quand j’arrivais enfin à sa hauteur,  je ne voyais plus les arbres autour de la route, qui semblaient entourer une forêt impénétrable, ni l’herbe d’un sauvage jamais vu en ville et encore moins le ciel d’un bleu pur qu'il y avait ce matin-là, non, je ne voyais plus rien de tout ça, tout ce que je voyais c’était ce petit visage d’ange, un ange meurtri d’ecchymoses toutes plus horribles les unes que les autres et à différents stades de leur évolution. Ses cheveux blonds et purs, sur visage fin, son petit corps… ses yeux clos. Ce garçonnet n’avait pas plus de 3 ou 4 ans finalement. Mon cœur tout entier se fendit à cette vision de l’horreur qui s’offrait devant mes yeux. Je voyais bien qu’il respirait encore par le soulèvement léger de son abdomen, mais il était en mauvais état et il faisait de plus en plus chaud dans le point de soleil où il se trouvait! Que faire? Je fis ce que je pensais être le mieux, tout d’abord je le tirai, usant du peu de force que j’avais, à l’ombre d’un des arbres centenaires qui longeaient cette route maudite, ensuite j’humectai son visage tout doucement, comme l’aurait fait une mère. Rien n’y fit, il ne bougeait toujours pas. Je ne pouvais rien faire de plus qu’attendre. C’est pourquoi je décidai de finalement me laisser choir sur le sol, non loin de lui, je devais également reprendre des forces, chacun de mes membres me le faisait sentir pleinement. En moi, je me faisais le serment de veiller sur cet enfant comme le mien, malgré mon piteux état et de le guider sur cette route sinueuse qu’est la vie, du moins aussi longtemps que je le puisse! Les obstacles qu’on mettait sur notre chemin ne furent jamais insurmontables et tant que je vivrais, je serais capable de tous les franchir et je les lui ferais faire la même chose, sinon mieux que moi, je le protègerais de mon être entier, ce jeune enfant, j’avais décidé d’en faire ma priorité à l’avenir. Comment pourrais-je faire autrement? Un seul regard m’avait suffi à comprendre que tout ceci était sans l’ombre d’un doute le chemin que le destin avait tracé pour moi. Toutes les horribles choses que j’avais subies la veille au soir, c’était pour me mener ici, aujourd’hui et maintenant, face à ce garçon. Toutes ces douleurs semblèrent moins grandes pendant que je repensais à cela, mon destin était ainsi fait. Alors que je m’embrumais dans toutes ces idées qui hantaient désormais mon esprit, mes yeux se refermèrent de plus en plus jusqu’à être complètement clos, mes sens en alerte guettaient toutefois les abords de cette route sans la moindre parcelle de vie, autres que nos deux cœurs battant, cherchant à survivre au monde cruel qui vivait ici, même très loin de cette route maudite.



Le temps passa, j’en perdis même la notion! Je me réveillai en sursaut, me mettant d’un seul coup sur les pieds, je tournai sur moi-même à la recherche du mouvement qui m’avait éveillé, c’est alors que mon regard croisa le sien. De petits yeux bleus emplis d’inquiétudes, voilà ce que je vis. J’étais très différent de lui après tout, peut-être n’avait-il jamais rencontré quelqu’un comme moi. Peut-être voulait-il sa mère? Qu’est-ce que j’en savais moi? Rien de rien! Voilà ce que je connaissais sur cet enfant. Le chemin qui l’avait mené ici était sans doute bien différent du mien. Tranquillement, sans faire de gestes brusques je m’assieds, lui laissant le temps de reprendre ses esprits, lui n’était même pas encore debout, pourquoi me presser? On avait toute la vie devant nous! Son regard convergea sur mon être entier, sans que je ne bouge d’un poil, puis, sans doute rassuré, je le vis se mettre sur ses deux pieds et marcher vers moi. Debout, je le percevais à peine plus grand que moi qui étais, encore et toujours, bien sagement assis.  Ce petit bonhomme, fit le tour de moi, en faisant bien attention de ne pas me toucher, puis il s’était arrêté devant.



-Où maman?



J’avais beau me forcer, je n’y comprenais rien. C’était l’enfer pour moi de ne pas comprendre ce petit être, aussi mignon fût-il. Inutile de chercher plus longtemps, ça ne m’aidait pas, je décidai donc de simplement le pousser doucement devant moi afin de progresser sur cette route, qui me paraissait plus belle qu’à mon arrivée, la journée précédente. Enfin, le plus difficile dans tout ça, c’est qu’on allait devoir manger tous les deux. Pour ma part, la faim tiraillait déjà mes entrailles dans tous les sens, d’intenses gargouillis se faisaient entendre, je n’en pouvais tout simplement plus. Que pouvait-on manger en pleine nature? Des animaux, des plantes sans doute, mais lesquels? Je n’y connaissais pas grand-chose, jamais je n’avais appris ce genre de tels techniques de survie. En observant bien autour de moi, je crus voir une sorte d’ouverture entre les arbres, je poussai donc le petit dans cette direction, sur la route, ici, il n’y avait rien pour nous. Me dirigeant sur cette nouvelle voie, je remarquai que d’autres avant nous étaient certainement passés là, il y avait une absence de végétation… Sans doute ce sol avait-il été piétiné à plusieurs reprises, mais les mauvaises herbes ne semblaient pas vouloir y pousser, ce qui créait un chemin de terre, pour ainsi dire naturel. Ici, toutefois, il faisait très sombre, la lumière de soleil avait du mal à pénétrer à travers l’épais feuillage de tous ces arbres centenaires. Ma vision mit d’ailleurs plusieurs secondes à s’adapter à ce nouvel éclairage. Le gamin, pour sa part s'était agrippé à moi, comme si j’étais son nounours favori, puis il s’était mis à pleurnicher. Je m’étais donc penché au sol, pour le faire monter, sur mon dos et m’assurant qu’il était bien stable et se tenait convenablement je me remis en route. Qu’est-ce que c’était que ça? J’avais entendu quelque chose, j’en étais sûr! Me dirigeant vers ce son, je vis un petit animal aux longues oreilles qui était en train de manger une sorte d’arbuste empli de petits fruits ronds et … bleus? Je percevais mal ce genre de couleurs, surtout dans la noirceur, il faut bien l’avouer.

-Lapin!!!

En tous les cas, le petit bout de chou semblait heureux désormais. Je fis donc descendre le gamin, qui lui, se dirigea rapidement vers l’animal blanc, qui mit un instant avant de disparaitre à toute vitesse. Le bambin bougonna un instant, puis remarquant les petits fruits devant lui, il tendit la main pour s’en saisir et les porter à sa bouche.

-b’uet …

Je l’observais simplement, se remplir la pense, de ces petits fruits, avant d’y aller à mon tour. Ce n’était pas la meilleure chose que j’eus mangée, mais au moins, il fallait admettre que ça m’emplissait un peu l’estomac. Et puis il faut que je le concède, je n’avais pas seulement consommé les bleuets, mais aussi une partie des branches et des feuilles, contrairement au garçon, qui lui, n’avait pris que les fruits.

Ce soir-là, j’avais décidé qu’on dormirait dans la forêt. Le petit sentier de terre semblait beaucoup plus calme et moins agressant que la route de gravier. Je savais bien qu’on allait devoir la retrouver un jour, si nous souhaitions rejoindre la civilisation, cependant, pour l’instant, le trajet de terre me convenait mieux. Nous nous couchâmes non loin de ce dernier, sur un tapis d’herbes hautes que nous avions préalablement écrasé de toute part. Ce fut pour nous une véritable bataille et partie de plaisir ! C’est exténués, le soir venu, que tous les deux priment place sur ce lit naturel, blottis l’un contre l’autre, afin de nous tenir chaud toute la nuit.

Au matin, je m’éveillais le premier, j’observai le petit qui dormait pratiquement sur moi, puis j’attendis qu’il se réveille également avant de faire quoi que se soit. Quand, enfin à son tour, ses yeux s’ouvrirent, nous allâmes manger la même chose que la veille, chacun de nous répondit à l’appel de la nature, puis nous retournâmes finalement sur la route de gravier. Le petit sur mon dos, comme le jour précédent, je courus à toute vitesse sur la route espérant découvrir une habitation quelconque. Mais rien!



Les jours passaient et se ressemblaient de plus en plus. J’avais du mal à trouver de la nourriture, mais j’y arrivais toujours, ou presque. Le petit, comme moi, était sal et mal odorant. Nous avions connu la pluie, la boue, affrontant les périples du temps. Nous nous abritions comme nous le pouvions sous les arbres, mais l’eau fuyait toujours à travers les feuilles au bout d’un instant.



Plusieurs semaines avaient passé sans que je ne visse ne serait-ce qu’une maison. J’avais bien découvert quelques routes qui croisaient celle où je me trouvais, sans jamais y aller. Le petit était malade depuis quelques jours déjà et à vrai dire je ne savais trop que faire! Je le portais tant bien que mal sur mon dos, restant autant que possible sous le chaud soleil de cette fin de juillet, mais ses tremblements ne cessèrent point. La troisième journée de sa maladie, je trouvai enfin une habitation. Je le portai avec moi jusqu’au perron où je le posais au sol et là je me mis à hurler, frapper dans la porte avec fureur, il fallait absolument qu’on ouvre. C’est une dame qui vint à la porte, terrifiée. Je tirais devant la vitre de cette dernière, le petit garçon mal en point, qui avait peine à bouger. Stupéfaite, la dame vint ouvrir criant quelques mots que je ne compris pas, je vis dès lors deux jeunes femmes, plumeaux en mains, arriver laissant tomber l’objet, se saisir du gamin et le porter à l’intérieur. Je profitai de cet instant pour entrer également. Les deux femmes portèrent le garçon, que je voulais protéger jusqu’à ma mort, dans une petite pièce où il y avait un lit. Elles le couchèrent là et lui remontèrent les couvertures jusqu’au menton. Assis près du petit lit, j’observais attentivement chacun de leurs mouvements. Elles mirent sur son front quelque chose de rouge et que je savais chaud, sans me rappeler de comment ça s’appelait. L’une d’elles prit sa température, l’autre, un appareil dans lequel elle se mise à parler. Puis toutes les deux quittèrent la chambre, pendant quelques heures, me sembla-t-il. Le temps fila, les deux jeunes femmes revinrent, elles me donnèrent un bol de soupe, que j’acceptai avec joie et firent manger au petit la même chose, le nourrissant elle-même avec une petite cuillère.



À peine quelques minutes après que nous terminâmes notre repas et que les bols furent de retour à la cuisine, un homme vêtu de blanc arriva. Je le vis examiner le petit, puis donner une bouteille contenant un médicament à la dame de la maison. Elle hocha la tête suite à ses explications, puis elle en mit un dans la bouche de l’enfant s’assurant qu’il l’avale, elle lui fit boire de l’eau. Quelques minutes après, le petit me réclamait et j’allai le rejoindre sur le lit, je me couchai tout près, le gardant encore plus au chaud que les couvertures.

Nous restâmes là deux jours, à la suite de quoi, voyant que le petit allait mieux, je décidai qu’il valait mieux pour moi de repartir. Mon chemin ne s’arrêtait pas ici et, bien que j’aurais aimé le garder avec moi, ça aurait été égoïste de ma part de l’enlever à un lieu où il était en sécurité, bien nourri. Je me faufilai, telle une ombre, dans les couloirs, regagner la sortie était ma priorité, mais je voulais que personne ne me voit et ne tente de me retenir ici. J’arrivais à la porte d’entrée, quand j’entendis du bruit derrière moi. Je me retournai et vit le garçon. Faisant désormais volte-face vers lui, je le repoussais vers l’étage, mais il revint s’accrocher à moi.

-Pa’tir avé toi, Sola… Sola touzours avé moi!

Sola… C’était comme ça que les gens, ici, m’avaient nommé, maintenant, le petit m'appelait comme eux. Soupirant légèrement, j’ouvris la porte, qui était déjà entrouverte, et je le fis grimper sur mon dos, c’est ainsi que nous reprîmes notre chemin sur la route de l’oubli. C’était la nuit, bien évidemment, le jour on n'aurait pu partir ainsi, sauf qu’on avait besoin d’un nouvel endroit où dormir, alors comme les nuits précédentes, la forêt fut notre chambre. Nous parcourûmes plusieurs kilomètres dès le lendemain et les maisons se faisaient ici de plus en plus présentes. La route de l’oubli prenait la forme d’une route campagnarde. Les fermes et les champs commencèrent à se multiplier et de nouvelles options s’offraient à nous côté alimentation et logis! Le soir, il nous arrivait désormais de voler quelques aliments sur les fermes et de dormir dans les granges de foin, ce dernier nous apportant chaleur et confort. Le jour, avant même que le soleil se lève, on reprenait la route comme de vulgaires bandits, c’était bien ce qu’on était devenue non? La première semaine se déroula sans impasse, puis, un soir, alors qu’on venait de manger quelques épis de maïs, dans un très grand champ, un fermier tira vers nous une balle de fusil. Dans le bruit sourd, je poussai le petit bonhomme au sol, puis une soudaine douleur envahit ma cuisse gauche. Je poussai l'enfant hors du champ et tant bien que mal je courus derrière lui, avec peines et misères. On s’endormit ce soir-là, tout près de la route de gravier. Catastrophe! En pleine nuit, les sirènes de polices nous réveillèrent tous les deux.  Malheureusement nous manquèrent de temps pour faire quoi que ce soit avant qu’on nous attrape.

Ils me retirèrent la balle de mon épaule et la couvrirent temporairement d’un pansement. Les policiers nous conduisirent bien loin d’où nous étions, nous revîmes tout le trajet que nous avions parcouru à une vitesse fulgurante, pour même en dépasser mon propre point de départ. Nous nous arrêtâmes finalement dans une petite ville où je vis une femme accueillir le petit les bras ouverts, en débarquant de la voiture de police.

-Mamannnnnnn!

Le gamin semblait heureux, mais, moi, je n’avais pas ma place dans ce splendide décor, d’ailleurs les hommes ne m’avaient même pas laissé sortir de la voiture. Assis le nez contre la vitre, j’observais la scène sans dire de mots. Comme j’aurais aimé faire partie d’une telle famille! Je vis la mère pousser cet enfant, dont je m’étais occupé depuis près d’un mois, vers la maison, c’est alors qu’il se retourna pour me pointer du doigt.

-Sola… veux Sola…

La femme m’observa avec attention à travers la vitre de la voiture et sembla s’informer sur moi aux deux policiers, d’un geste, elle accepta ce qu’ils lui proposaient et on m’ouvrit enfin la portière. Fou de joie, je descendis doucement de la voiture et, branlant de la queue, je me dirigeai à toute vitesse, oubliant ma douleur l'espace d'un instant, vers mon nouveau maitre. Eh oui, peut-être l’aviez-vous déjà compris? Je suis un chien, le meilleur ami de l’homme, son plus fidèle.



Aujourd’hui, tout va bien pour moi, je suis vieux, il est vrai, j’en ai vu des choses, la route de ma vie ne fut pas des plus tranquilles, mais j’ai accompli mon destin en tant que chien. Comme je l’avais prédit, j’ai veillé sur le garçon toute sa vie, malheureusement, par un mauvais hasard du sort, il est mort plus tôt que moi. La route de la vie met parfois ,devant nos pas, des obstacles difficiles à franchir, pour mon jeune maître cet obstacle avait un nom, la leucémie. J’ai veillé sur lui jusqu’à son dernier souffle et, maintenant, je veille sur sa mère et sa sœur qui est née peu de temps avant sa mort. Je suis vieux, mais la vie n’en a pas encore fini avec moi…



Sola, un chien qui en a beaucoup à vivre sur cette route sinueuse qu’est la vie.
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